Une Statue du Général de Gaulle inaugurée à Pékin

De Gaulle ChElyseesUn nouvel exemplaire de la statue du Général de Gaulle qui est installée dans le bas des Champs Elysées vient d’être inauguré à Pékin en présence de notre Premier Ministre M. Manuel Valls.

Il s’agit d’une sculpture de Jean Cardot, artiste français membre de l’Institut. L’exemplaire des Champs Elysées avait été fondu dans l’une des dernières fonderies d’art françaises. Celui inauguré à Pékin a été produit en Chine.

Pour justifier cette délocalisation, on nous apprend qu’en Chine il n’a fallu que 3 semaines pour produire cette statue alors que les fondeurs français ne demandaient pas moins de 6 mois !!!

En tant que professionnels de la fonderie, nous confirmons qu’en France 6 mois auraient été nécessaires.

Comment donc expliquer un tel écart ? Les fonderies françaises ont de petits effectifs, utilisent des méthodes traditionnelles et prêtent un soin quasi religieux au respect de l’oeuvre du sculpteur. Il faut aussi compter avec les horaires, les conditions et le coût du travail qui ne sont pas du tout les mêmes en France et en Chine.

Cette décision de fondre en Chine est choquante pour les artisans qui tentent de survivre en espèrant que le gouvernement fait tous ses efforts pour valoriser ce qu’il reste de l’artisannat et du savoir-faire Français. Comment l’oeuvre d’un artiste français siégant sous la coupole, représentant un personnage emblématique de la nation, a t’elle été fabriquée en Chine au détriment de nos artisans. Le coût du transport ne justifie pas ce choix : des centaines de containers partent de France à vide pour aller charger en Chine et la statue de la Liberté -considérablement plus grande- n’avait-elle pas été entièrement fabriquée à Paris.

Rappelons par ailleurs que la fonderie Blanchet-Landowski, une fonderie d’art existant depuis presque 100 ans vient d’être mise en liquidation il y a quelques mois dans un silence assourdissant. Ce sont 15 artisans hautement qualifiés qui ont perdu leur emploi sans la moindre réaction de nos institutions culturelles. Ce n’est là qu’un épisode récent du naufrage qui a commencé depuis une vingtaine d’années.

Peut être, notre premier Ministre, par ailleurs fils d’artiste, réalisera-t-il qu’il est temps de réagir énergiquement pour sauver les restes du patrimoine culturel que constituent les artisans fondeurs, graveurs, les lithographes, les tapissiers, les vritaillistes, etc … qui disparaissent chaque année dans la plus grande indifférence.

Ces métiers sont magnifiques et pleins d’intelligence, ils offrent à des jeunes des opportunités de carrières dans lesquelles ils seront valorisés et respectés par leurs employeurs et leurs clients. Y aurait-il tellement d’autres métiers aussi épanouissants à leur proposer ?

L’artisanat et les métiers d’art sont injustement négligés au profit d’un mirage numérique qui est loin de compenser la brutale perte de culture, d’emplois et savoirs-faire que nous déplorons.